Comment devenir électricien ?
- Par Matthieu Gagnot
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Responsable éditorial chez Costructor. Journaliste de formation, je rédige sur l'environnement réglementaire et commercial du BTP.
Forte demande, salaire attractif, travail varié… Le métier d’électricien est de plus en plus demandé. Vous envisagez de vous reconvertir, ou de vous former ? On a compilé pour vous toutes les infos à connaître dès le début de votre projet. De la formation aux astuces pour devenir très rentable en tant qu’indépendant, découvrez le guide complet pour devenir électricien en 2026.
En bref
- Les électriciens évoluent dans un secteur en forte demande de personnel qualifié.
- Le CAP Électricien est la formation la plus courante. Elle peut se réaliser en alternance pour être rémunéré dès la formation.
- Le salaire d’un électricien s’élève aux alentours de 2300€ nets après quelques années d’expérience.
Pourquoi devenir électricien ?
Devenir électricien présente de nombreux avantages concrets :
- Un secteur qui recrute : les électriciens qualifiés sont très recherchés. Ils interviennent dans le neuf ou dans la rénovation. La transition énergétique renforce la demande (pompes à chaleur, bornes de recharge, panneaux solaires, etc…).
- Le salaire : Si les apprentis électriciens sont juste au-dessus du SMIC, ils ont de belles perspectives d’évolution par la suite. Avec l’expérience, le salaire d’un électricien peut monter rapidement, d’autant plus avec des labels, qualifications ou gestion d’équipe.
- Un travail varié : Il est rare que deux journées se ressemblent. D’un devis électricien à l’autre, le métier implique des déplacements et des nouveaux chantiers chaque jour.
- Un métier concret : L’électricien est un artisan. Le fait de voir ce qu’on construit à la fin de la journée est un point positif pour beaucoup de personnes en reconversion.
- Beaucoup de liberté : En se mettant à son compte, un artisan électricien peut devenir son propre patron et choisir son mode de travail.
Devenir électricien, c’est pour vous si…
- Vous aimez le travail concret ;
- Vous avez l’esprit pratique ;
- Vous êtes polyvalent ;
- Vous n’avez pas d’aversion particulière pour la physique ou les mathématiques ;
- Vous n’aimez pas la routine.
Êtes-vous fait pour devenir
électricien ?
Quelles formations pour devenir électricien ?
Pour devenir électricien, les formations les plus courantes sont :
- CAP électricien (2 ans)
- Bac Pro MELEC (3 ans)
- BTS Electrotechnique (2 ans).
Ces durées concernent la formation initiale. Pour les adultes en reconversion, il est possible de suivre une formation accélérée via l’AFPA ou les GRETA-CFA. La formation d’électricien peut alors être accélérée en 6 à 12 mois.
CAP électricien, la voie royale
Le CAP électricien est le diplôme le plus courant. Il peut se suivre en formation initiale, en formation continue ou en apprentissage (dans un CFA).
Le CAP électricien à distance est également possible.
L’examen se compose de 3 épreuves professionnelles, dont l’évaluation se déroule en cours de formation :
- Réalisation d’une installation (exemple d’épreuve) ;
- Mise en service d’une installation (exemple d’épreuve) ;
- Maintenance d’une installation (exemple d’épreuve).
Combien coûte le CAP électricien ?
Pour beaucoup de candidats, un CAP électricien est gratuit. Ça peut être le cas si vous êtes dans une de ces situations :
- Formation scolaire initiale : le CAP est gratuit.
- Apprentissage : en tant qu’apprenti, vous signez un contrat d’apprentissage. Le CAP est financé par l’employeur en alternance. L’apprenti est rémunéré en fonction de son âge (voir le simulateur de salaire en alternance)
- Financement externe : via le CPF, France Travail ou un dispositif de retour à l’emploi.
Dans le cas où le candidat a recours à un financement sur fonds propres, un CAP électricien peut être assez couteux. Tout dépend des organismes de formation. Le prix du CAP peut s’échelonner de 7000€ à 12000€.
En alternative, le CAP à distance est beaucoup moins cher. Il coûte entre 2000€ et 3000€ selon les organismes. En contrepartie, l’enseignement à distance est souvent décevant pour une matière artisanale. La réussite d’un CAP à distance dépend énormément de l’autonomie du candidat et de sa capacité à trouver des stages de qualité qui combleront le déficit d’expérimentation par rapport aux cours en présentiel.
Comment trouver une alternance en CAP électricien ?
Bon à savoir : ces conseils s’appliquent aussi au Bac Pro ou au BTS Electricien, dès lors qu’ils sont réalisés en alternance.
Pour devenir électricien en alternance, le contrat d’apprentissage est la voie principale. Elle nécessite de trouver un employeur.
Vous pouvez passer par le CFA (centre de formation des apprentis) qui dispose de contacts d’entreprises d’électricité en recherche.
Vous pouvez aussi vous rendre sur La Bonne alternance, le site officiel de mise en relation entre alternants en entreprises.
Enfin, le démarchage direct est une excellente façon de trouver une alternance en tant qu’apprenti électrcien. Vous pouvez contacter ces acteurs près de chez vous :
- Entreprises d'installation électrique
- Artisans électriciens indépendants
- Entreprises du bâtiment tous corps d'état
- Sociétés de maintenance
- Collectivités territoriales
- Grandes surfaces de bricolage (service installation)
- Industries manufacturières (service maintenance)
Comment devenir apprenti électricien après 29 ans ?
Après 29 ans, le contrat d’apprentissage est théoriquement possible. Cela dit, il est moins pratiqué car peu intéressant pour l’entreprise. Voici alors les voies les plus courantes pour se reconvertir en tant qu’électricien :
- Contrat de professionnalisation via France Travail ;
- Financement CPF pour une formation en CFA ;
- Aide individuelle à la formation (AIF) si vous êtes demandeur d’emploi.
Quel statut juridique pour devenir électricien à son compte ?
Le statut d’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est idéal pour débuter. Au-delà de 7000€ facturés par mois, il est conseillé de changer pour un statut EI ou SARL.
| Statut | Plafond CA | Charges sociales | Imposition | Responsabilité |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | 83 600 € HT/an | ~22 % du CA | IR (abattement 50 %) | Limitée |
| EI au réel | Aucun | ~40–45 % du bénéfice | IR (barème progressif) | Limitée |
| EURL | Aucun | ~40–45 % de la rémunération | IR ou IS (15 % / 25 %) | Limitée aux apports |
| SARL | Aucun | ~40–45 % (gérant majoritaire) | IS (15 % / 25 %) | Limitée aux apports |
Micro-entrepreneur — Idéal pour débuter
C’est le statut le plus simple et accessible, idéal pour démarrer son activité. Il ne nécessite aucune comptabilité complexe. Les charges sont calculées sur le chiffre d'affaires réel (21,20% en 2026).
En tant qu’artisan, le plafond de chiffre d’affaires est limité à 83 600 € HT/an (soit un peu moins de 7000€ par mois). Au-delà, vous devez opter pour un autre statut juridique.
EI (Entreprise Individuelle) au régime réel — Pour se développer
C’est une variante de la micro-entreprise, sans plafond de chiffre d’affaires. En contrepartie, une entreprise individuelle nécessite d’avoir recours aux services d’un expert -comptable. Vous déduisez vos frais réels du chiffre d’affaires avant de payer vos charges.
EURL / SARL — Pour embaucher
Pour résumer, ce statut devient intéressant lorsque votre chiffre d’affaires grossit. La responsabilité est limitée aux apports. Ce statut juridique est crédible auprès des clients professionnels et des banques.
Pour s’informer sur le meilleur statut, les organismes BPI France ou la CMA peuvent vous recevoir sur rendez-vous.